Madame de Sainte Colombe

 

Un récital pour viole de gambe seule et comédien

 

 C’est à travers l’évocation de l’épouse de Monsieur Sainte Colombe, Maître de viole et compositeur du XVIIème siècle, que le comédien Eric Malgouyres nous invite à observer l’œuvre de Pascal Quignard « Tous les matins du monde ». (Editions Gallimard)

 

Dans une mise en scène d’une grande sobriété, pour ce programme de musique baroque, Françoise Enock nous donne à entendre des pièces de viole de Marin Marais, Tobias Hume et Sainte Colombe.

 

Entre les bras du musicien, l’instrument prend lieu et place de sa femme disparue.

 

Note d'intention

Le roman de Pascal Quignard « Tous les matins du monde » est un formidable hommage rendu à Monsieur de Sainte-Colombe et à la viole de gambe, mais nous interpelle aussi sur le vide qui fait place au deuil.
Avec obstination, Sainte-Colombe s’abîme dans sa pratique instrumentale jusqu’à l’intransigeance. À l’abandon de soi il ajoute le rejet des plaisirs simples de l’existence. Il sanctuarise sa douleur et la ritualise telle une « vanité ». Sa viole, sa musique et le souvenir de son épouse ne font plus qu’un… jusqu’à la faire réapparaître pour lui seul à ses côté. 
C’est ce caractère solitaire et obstiné, si singulier chez l’instrumentiste ou l’interprète, qui nous touche ici. Un don de soi jusqu’à se perdre à la recherche d’on ne sait quoi dans les entrailles de son instrument.

Eric Malgouyres