La Fontaine en chanté 

 

 

Les 243 Fables de Jean La Fontaine (1621-1695) sont toujours considérées comme un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française. Dès leur parution, à la fin du XVIIe siècle, les récits imagés du moraliste, dans lesquels il met en scène la plupart du temps  des bêtes pour mieux nous parler des gens : « Je me sers d'animaux pour instruire les hommes », ont très vite atteint le plus grand nombre. On sait qu’elles faisaient partie des textes les plus lus et par conséquent les plus populaires du XVIIIe siècle. Cela n’a pas empêché de les transformer en chants simples : Quelques années après leur parution, on verra fleurir des recueils de chansons construites sur des timbres (airs populaires, les « tubes » de l’époque !) et dont les textes  s’inspirent très fortement des célèbres Fables, adaptés dans une forme strophique à la coupe des mélodies.

 

Les premières fables chantées ont été publiées en 1728 sous le titre : Nouvelles poésies spirituelles et morales sur les plus beaux airs de la musique françoise et italienne, avec la basse continue. « Les fables ont été choisies sur les petits airs et vaudevilles les plus connus, en faveur des Enfans : et pour les leur rendre plus agréables on y a joint une Basse en Musette, qu’il leur sera très facile de jouer sur le Clavecin, ou tout autre instrument ».

La basse continue (l’accompagnement) de ces fables à chanter sur les airs a été écrite par Louis-Nicolas Clérambault, grand compositeur d’œuvres vocales sacrées, de cantates profanes, de sonates pour violon et de pièces de clavecin. Bien que ces chansons aient été dédiées principalement aux enfants, l’ajout de la basse continue prouve que la luxueuse édition  était également destinée à un public maîtrisant le jeu d’instruments tels que le clavecin, le luth et la viole de gambe.

 

Nous nous sommes également emparés d'une édition plus tardive (Fables choisies dans le goût de Monsieur de La Fontaine sur les petits airs et vaudevilles connus),  écrite de la main d’un certain Jean-Philippe Valette, qui souligne le caractère ludique et plus accessible à tous de ces versions chantées. Il y oppose la « grande » littérature des fables originales à la verve plus populaire des chansons.

 

A l’occasion du 400ème anniversaire de la naissance de Jean de La Fontaine en 2021, nous proposons au cours de notre spectacle de lui rendre hommage en mettant en lumière les deux versions de quelques-unes de ses fables. Dans notre interprétation, nous avons voulu mettre en parallèle la grande  théâtralité des textes, associée à la dimension populaire des chansons.

 

Ce programme poétique, musical et théâtral s'adapte tant en durée qu'en contenu, en fonction des publics auxquels il est destiné : Des classes primaires à l'école jusqu'au tout public en médiathèque ou au théâtre. Une occasion de découvrir ou redécouvrir autrement La Fontaine, et l'instrumentarium varié qui accompagne les chansons : Viole de gambe, vièle à archet, luth et chifonie (une sorte de vielle à roue).

 

 

NB : Ce spectacle est également conçu pour être joué en trio, avec l'ajout d'un clavecin. Quelques pièces imagées de François Couperin intègrent alors le programme.

 

 

Eric Malgouyres, comédien-chanteur, chifonie

Françoise Enock, viole de gambe, vièle à archet et luth

et dans la version du spectacle en trio :

Anne-Lise Gillet , épinette

 

 

Extrait vidéo